C'est un peu comme un tourniquet. On te met dessus, on te fait tourner. Encore et encore.
Accélération. On continue à te faire tourner, jusqu'à ce que t'en puisse plu. Jusqu'à ce que t'es envie de tout faire ressortir. Dans un sens, puis dans l'autre. Plus vite, moins vite.
Manipulation à t'en rendre malade. Le truc, c'est que t'en redemande. Ca t'amuse, un peu. Parfois même, tu t'allonges : tu regardes le ciel, pendant qu'on te fait tourner la tête. T'es bien, putain qu'est-ce que t'es bien. Puis on te stoppe net. Tu te relèves, tu marches : le monde va de travers, ou c'est toi qui marche pas droit ? Cette question là, elle te hante. Elle prend toute la place, cette connasse. Tout remonte, et toi tu te retiens. Tu te concentres sur autre chose, mais la tête de ceux qui t'ont fait tourner, elle est là, tu vois que ça. Et le ciel, il était d'un bleu, clair comme tes yeux, et là t'as le corps penché sur l'herbe verte.
Mauvais mélange.Le tourniquet, c'est comme le monde. A trop vouloir le voir touner, t'as vite la nausée.
Tu sais qu'ils se lasseront, à toujours te ramasser à la p'tite cuillière, à nettoyer ton vomi. Tu sais pas grand chose, mais ça tu le sais, que tu le fais exprès, à continuer à monter sur ce tourniquet. Tu prends ton pied à regarder le ciel, d'un peu trop près, pour ensuite en avoir mal au coeur, mais à un point inimaginable. Au lieu de t'allonger dans l'herbe, où tu pourrais être tranquille, tu le fais sur ce manège, où les sensations sont dix fois plus intenses. Même si c'est après, que t'es pas tranquille. Arrête de jouer, pour un moment.
Parce que le jour où ça sera ton coeur que tu vomiras, t'en fera plus du tout, du tourniquet.